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Carine, 22 ans et en quatrième année d’études en design graphique à Nantes a fait une aventure hors du commun le mois dernier. Pendant 23 jours, elle a parcouru l’Europe dans un Peugeot 205 pour un raid humanitaire, culturel et sportif plein de sensations fortes.

Devant la mairie de la ville qui accueillait les participants, Nowy Sacz, Pologne.

En quoi consiste Europ’Raid?

Europ’raid est un raid humanitaire, culturel et sportif. On traverse l’Europe en faisant 10 000 km en 23 jours à bord de Peugot 205. On emporte également avec nous, près de 2 tonnes de matériel scolaire afin de les donner à des orphelinats de Bulgarie et de Roumanie.

L’itinéraire est simple, on part de la France et on rejoint le point le plus loin de l’Europe, la Turquie et plus particulièrement Istanbul, l’étape la plus importante du raid. On traverse au total 19 pays.

Chaque jour il y a des étapes de proposées dans un road book, ça peut être des cascades, des lacs, des capitales, des grottes, bref, tout ce qui fait la richesse de l’Europe et on fait en moyenne 2 à 3 étapes par jour. Le but est vraiment de voir le maximum de chose en un minimum de temps, je sais pas si on peut traduire ça comme ça, mais c’est du “binge travelling” en quelque sorte.  

Venise, Italie. Credit: Carine Guillaud.

Qu’est ce qui t’as amenée a choisir cette aventure?

L ’association avait posté une annonce dans mon école car elle recherchait des photographes et vidéastes pour couvrir tout le raid. Une occasion en or pour moi ! Faire des photos toute la journée dans des paysages de dingues et voir tout ce que l’Europe peut offrir, c’était plus qu’un rêve. C’était aussi l’occasion de repousser ses limites, de sortir de sa zone de confort. Le soir on dormait parfois à la belle étoile, pas de douches quotidiennes... chaque journée était unique, un pays différent chaque jour, une langue différente, des coutumes différentes, des paysages différents, bref chaque journée apportait son lot de surprises, que ce soit positif ou négatif.

 

"Sur 14 voitures au départ, seuls 8 sont revenus en France."

 

Est ce qu’il faut s’y connaitre un minimum en mecanique ou voitures pour faire ce genre d’aventure?

De prime abord non. Chacun peut se lancer dans l’aventure sans avoir des notions de mécaniques très poussées. Cependant pendant toute la préparation en amont, t’es obligé de t’y intéresser et par conséquent tu apprends vite des choses essentielles comme changer une roue, savoir situer l’alternateur et vérifier le niveau de l’huile. Pendant le raid, on a eu beaucoup de chance car à chaque fois qu’on est tombées en panne, on avait le mécanicien de l’aventure avec nous. Mais la mécanique est la partie la plus difficile et la plus incontrolable du raid, sur 14 voitures au départ, seuls 8 sont revenus en France. Le 2ème jour, nous sommes montées à plus de 2000 mètres dans les montagnes suisses, pour des voitures de près de 20 ans, c’était particulièrement rude.  

"Problème mécanique, on est restées 2h sur place en bulgarie et y a un mec local qui vivait là qui nous a aidé" Crédit: Carine Guillaud.

Qu’as-tu découvert sur le parcours?

Sincèrement j’ai vu tellement de choses… mais ce qui m’a le plus plu c’est Istanbul. L’atmosphère là bas est tellement dingue, les couleurs de la ville sont folles et le dépaysement est complet. J’ai adoré traverser la Slovénie, on en entend pas souvent parler et pourtant c’est le plus beau pays que j’ai traversé, avec ses rivières et ses lacs à couper le souffle. En Bulgarie, j’ai été vraiment marquée par le Bouzloudja. C’est un ancien batîment du parti communiste qui est maintenant en ruine, et tu vois tous les vestiges d’une époque qui n’est pourtant pas si éloignée de la notre. Ensuite plus généralement, on a pu découvrir tous les soirs une manière de vivre et de penser grâce à la population locale. Chaque soir nous avions des bivouacs d’organisés et les gens venaient en masses pour nous accueillir. Les conversations étaient toujours très riches, surtout dans les pays comme la Bosnie ou la Serbie, où les blessures ne sont pas totalement refermées.

Istanbul, Turquie. Crédit: Carine Guillaud.

 

Y-a-t-il un moment qui t’as particulièrement touchée?

Quand on est arrivés en Bulgarie, on nous a installés sur notre bivouac, et on voyait que la ville était un peu en effervescence. Quand on est descendu pour aller manger, 500 personnes nous attendaient. Les habitants s’étaient mis pour certains en costumes traditionnels et nous avait fait une haie d’honneur, c’était dingue ! Ils nous ont fait un spectacle juste pour nous, avec des chants et des danses traditionnels. Un accueil digne d’un président de la république !

"J’ai qu’une envie, c’est de repartir, encore plus loin, encore plus longtemps."

As-tu fait face à des difficultés sur le parcours?

Dans certains pays de l’est, les routes sont vraiment en très mauvais état, et il est parfois arrivé qu’on emprunte des chemins plus que douteux, en serbie on a monté pendant 10 minutes une montagne et arrivés en haut du col, la route était littéralement cassée en deux, et du coup demi tour obligatoire, on était 7 voitures. Hormis ça tout s’est très bien passé.

Le transfagaran, l'une des plus hautes route de roumanie, près de 2000 mètres. Crédit: Carine Guillaud

Qu’as tu ressenti une fois l’aventure finie?

J’arrive pas à atterrir. J’ai qu’une envie, c’est de repartir, encore plus loin, encore plus longtemps. On est partis nous étions 42 inconnus, et maintenant je les considère comme des amis à part entière. Tous les jours on se levait avec l’excitation de découvrir de nouvelles choses, du coup quand ça s’arrête et que tu rentres chez toi, seule, le retour à la réalité est assez difficile. T’as beau raconter ce que tu as vécu à tes amis, tant que tu ne le vis pas, c’est impossible de s’imaginer à quel point c’était fou.

Carine dans sa voiture ultra-chargée.

Quel est le meilleur moyen de se préparer pour ce genre d’aventure?

Il faut se préparer parfaitement mécaniquement parlant. La voiture doit être la plus fiable possible parce qu’elle va vraiment prendre des coups. Bien préparer ses affaires en amont parce que quand on part pendant 3 semaines, avec pratiquement zéro confort, il faut s’équiper (les lingettes C’EST LA VIE.) Et surtout je pense qu’il ne faut rien attendre en particulier, se laisser surprendre de tout, tout le temps. Etre une véritable éponge et prendre tout ce qu’il y a prendre.

Bouzloudja, l'ancienne maison du parti communiste bulgare. Crédit: Carine Guillaud

Quelle est ta prochaine aventure au programme ?

Ah si seulement je savais ! J’ai envie de compléter mon tour d’Europe en faisant les pays scandinaves, et pourquoi pas y faire un stage parce que la culture du design est dinge là bas ! Ensuite je ne fais pas trop de projets, Europ’raid est venu à moi 2 mois avant de partir ! On ne sait jamais ce qu’il peut arriver, dans 6 mois je serai peut être à Sydney qui sait ? :)

 

Un panneau au coin d'un carrefour en Roumanie. Crédit: Carine Guillaud.

 

 

 

 

 

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